Situation géographique et repères historiques

GÉOGRAPHIE ET CLIMAT

Les îles Wallis et Futuna se situent dans le Pacifique sud. L’archipel est réparti en deux groupes d’îles d’origine volcanique : Wallis (Uvea) d’une part et Futuna-Alofi d’autre part. À égale distance des îles Fidji et Samoa, entre la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, Wallis-et-Futuna est le territoire français le plus éloigné de la Métropole (16 000 km).

D’une superficie de 77,9 km², l’île de Wallis est la plus grande. Il s’agit d’une terre basse, dont le point le plus élevé, le Mont Lulu, culmine à 151 mètres d’altitude. Elle est bordée d’un lagon et d’une barrière de corail comportant quatre passes dont la principale (Honikulu au sud) mène au wharf de Mata’Utu, chef-lieu du Territoire.

À 230 km au sud-ouest de Wallis, Futuna et Alofi, dénommées également îles Horn, sont deux îles, montagneuses aux côtes très découpées, et difficiles d’accès par la mer. Les points culminants sont le Mont Puke pour Futuna (524 mètres) et le mont Kolofau pour Alofi (417 mètres). Futuna (46,3 km²) est une île sans lagon, avec un relief accidenté. L’îlot voisin, Alofi (17,8 km²), inhabité, est séparé de Futuna par un détroit large de 1,8 km. En raison de la proximité de la zone de fracture nord fidjienne et de l’existence d’une faille passant par Futuna et Alofi, l’activité sismique y est régulière. À Futuna, il existe un réseau hydrographique bien marqué alors que Wallis ne compte que de petites rivières temporaires.

Les îles de Wallis-et-Futuna connaissent un climat tropical maritime caractérisé par une température élevée et une humidité importante. Les précipitations y sont abondantes et le ciel est souvent chargé. Son climat est très régulier, avec des saisons à peine marquées. Les variations diurnes, et en particulier l’amplitude thermique, sont également très faibles. Néanmoins, les précipitations sont légèrement moins importantes de juin à septembre. Les minima et maxima de températures sont généralement compris entre 24 °C et 31 °C et les températures moyennes sont toujours supérieures à 25,5 °C. L’archipel étant proche de l’équateur, le cycle des températures est très peu marqué à Wallis comme à Futuna en raison de la faible variabilité de l’ensoleillement tout au long de l’année. Le taux d’hygrométrie varie entre 82 % et 85 %. La pluviométrie annuelle est supérieure à 3 290 mm. Le Territoire connaît une saison cyclonique entre le 15 novembre et le 15 avril. Le cyclone Evan est le dernier à avoir frappé le Territoire, en décembre 2012.

REPÈRES HISTORIQUES

Le peuplement de Wallis et de Futuna s’inscrit dans le mouvement migratoire des austronésiens, qui, partis depuis la Chine orientale il y a 5 000 ans, colonisent ensuite vers 1500 av. JC une partie de la Mélanésie et la Polynésie occidentale. Des vestiges de poteries Lapita , découvertes au sud d’Uvea, attesteraient des premiers peuplements de l’île aux alentours de 1300 ans av. JC. C’est à cette époque qu’apparaissent les premières activités agricoles, dont l’élevage porcin.

L’île d’Uvea est envahie au 15e siècle par une vague de peuplement venue des îles Tonga, tandis que Futuna passe sous l’influence des îles Samoa au 17e siècle. Aux alentours de l’an 1500, les Uvéens obtiennent leur indépendance vis-à-vis du royaume de Tonga et instaurent un système de chefferie, toujours en vigueur actuellement. Cette période reste marquée par de nombreux conflits à Wallis comme à Futuna pour la possession des terres et pour la prise de pouvoir par les chefs victorieux.

L’histoire de la colonisation des îles Wallis et Futuna a commencé par la découverte des îles Horn (Futuna et Alofi) par les navigateurs hollandais Willem Schouten et Jacob le Maire qui accostèrent à Futuna en 1616. L’île d’Uvea fut à son tour découverte en 1767 par le navigateur britannique Samuel Wallis qui donna son nom à l’île. Les relations avec les européens furent ensuite très rares, jusqu’à l’arrivée des premiers baleiniers à la fin du 18e siècle, qui utilisèrent les îles comme port de relâche temporaire.

Les deux îles n’ont pas connu de présence européenne notable avant le 19e siècle. À partir de 1837, année d’implantation des missionnaires maristes, des relations se nouèrent entre Wallis, Futuna, l’Europe et la France. Ayant pour mission d’évangéliser l’Océanie, le Père Bataillon convertit Wallis dès 1842 et devint évêque en 1843. Dans le même temps, à Futuna, un des premiers missionnaires maristes, Pierre-Chanel, fut martyrisé en 1841. En 1954, il devint le premier Saint canonisé d’Océanie.

Par la suite, sous l’influence des différentes missions catholiques, une demande de protectorat émanant de la reine Amelia, présentée au gouvernement français, est ratifiée en 1887 pour Wallis et Futuna séparément, puis en 1888 pour le protectorat unifié des deux îles. L’installation d’un résident de France à Wallis officialise ce protectorat.

En 1942, Uvea est utilisée comme base arrière par les États-Unis pour répondre à l’avancée des troupes japonaises dans le Pacifique. 6 000 soldats s’installent alors à Wallis : ils introduisent des biens de consommation courante et réalisent des chantiers d’infrastructures commandités par l’armée. L’île connaît une période d’abondance. L’après-guerre est marqué par la crise économique et l’instabilité politique. Le 27 décembre 1959, les îles Wallis et Futuna adoptent largement, à 94,4 % des voix, le statut de territoire d’outre-mer. La loi n°61-814 du 29 juillet 1961 fixe un an et demi plus tard le statut du Territoire.

Au début des années 1970, alors que les mines de nickel calédoniennes connaissent une forte expansion, Wallis-et-Futuna subit ses premières vagues d’émigration massives vers cette collectivité voisine, flux qui n’a jamais été interrompu depuis. Lors du recensement de la population réalisé en 2014 en Nouvelle-Calédonie, 21 926 personnes se sont déclarées appartenir à la communauté d’origine wallisienne ou futunienne, soit 8,2 % des habitants.

Suite à la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, le Territoire de Wallis-et-Futuna devient une collectivité d’outre-mer à statut particulier, sans que le statut de 1961 ne soit modifié.


Ilot Nukuloa au Nord de Wallis
(Photo : R. Lambert)

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